Les terres

Pour ma production de vaisselle, j'aime utiliser un grès de bourgogne classique un peu nerveux, un peu ferme mais fiable et répondant bien à ma nature. J'ai dans mes valises de projets un grès roux dont la chaude couleur me paraît bien inspirante.
Quant à ma production de pièces en porcelaine, elle est plus rare ces temps derniers et vous ne verrez guère d'exemples que dans la galerie pour l'instant. Si j'ai une grande envie d'objets translucides, je file chez le marchand de terre dont les matières premières sont bien plus pures que ce que je peux me procurer. Sinon, je sors le pétrin et je fabrique une porcelaine moins caractérielle et rancunière que celle du commerce. Bref, un rêve de tournage pour n'importe qui ayant déjà goûté aux joies contrastées du tournage de la porcelaine!

La fabrication

On me demande souvent si je suis plusieurs à travailler et je réponds toujours la même chose: je tourne, finis, cuis, émaille, recuis et cherche toute seule. Mais en murmure j'entends mes maîtres, mes proches et aussi les commentaires et désirs de mes clients. C'est donc d'une certaine façon un ouvrage collectif.  La plupart des pièces sont tournées mais parfois estampées voire extrudées.
Je cuis dans un tout petit (pour l'instant!...) four  à gaz une première fois pour transformer l'argile en céramique puis après un émaillage à la trempe, j'enfourne une deuxième fois autour de 1300° pour que le feu mue la matière en grès.  

les émaux

Je fabrique tous les émaux que j'emploie et veille à ce qu'ils soient parfaitement adaptés à nos usages quotidiens.
Ils sont solides (mais ne résistent ni au marteau, ni aux chutes sur le carrelage et n'aiment guère les éviers en pierre), sont chimiquement stables donc insensibles aux acides, ont une résistance mécanique raisonnable et une porosité résiduelle correcte.
Ils sont les garants de pièces durables car ils se rayent difficilement et par la nature de la terre utilisée -très dense une fois grésée- s'ébrèchent peu. J'ai cependant des clients au caractère très soigneux et d'autres, victimes d'étagères perfides!
Ces émaux, élaborés à partir de minéraux naturels, d'oxydes métalliques sont des silicates, une matière vitreuse comportant donc une forte proportion de silice qui en quelque sorte constitue le squelette de l'émail et le rend relativement inaltérable. Par ailleurs les températures de cuisson, autour de 1300°, me permettent l'usage d'autres fondants que le plomb utilisé très largement dans la céramique de basse température ( eh oui, je tiens autant à ma santé qu'à la vôtre!). J'emploie donc des feldspaths contenant plutôt du potassium et du sodium, ces derniers jouant le rôle de fondant en combinaison avec du carbonate de chaux ou du talc. La fusion des matériaux à haute température maintient les oxydes dans cette masse vitreuse solide.
Dans la réalité, le calcul et l'élaboration d'un émail est un brin plus complexe mais je ne vais pas vous assommer de technique. Je tiens simplement à vous assurer de l'innocuité des objets qui sortent du ventre de mon four.
Si vous voulez des détails sur chacun des émaux,